Depuis la première réforme des études médicales introduisant l’examen de l’internat, la Médecine Générale a toujours été considérée comme le parent pauvre de la médecine. En effet, la formation universitaire, en particulier dans les CHU, a toujours été une fuite en avant vers la recherche d’une spécialité dans l’exercice médicale. Dans cette compétition, la médecine générale est ainsi l’option des dernières places du concours.
Il faut préciser aussi que la profession n’a surement pas fait assez pour défendre la spécificité de la médecine générale. Quant à l’assurance maladie, elle s’est engagé pour la médecine générale que pour des motifs économiques.
Et pourtant la médecine générale a été le père fondateur de toutes les autres spécialités cliniques et chirurgicales. Il n’est pas étonnant de trouver aujourd’hui dans l’offre de la santé des chirurgiens orthopédiques spécialisés dans l’annulaire !
Jadis nommé « omnipraticien », puis « médecin de Famille », puis « médecin référent » et aujourd’hui « médecin traitant », cette médecine a comme essence une proximité humaine hors normes avec le patient.
L’adjonction stupide d’une 4° année d’internat conduit d’un point de vue technique et universitaire la médecine générale au statut d’une spécialité à part entière.
Parmi les missions de cette spécialité, il est ainsi important de noter quelques éléments fondateurs :
- Médecine humaine proche du patient et de son environnement socio-économique
- Expertise de la famille entière autour du patient et des relations intra-familiales
- suivi des pathologies chroniques, en particulier médico-psychologiques
- Prévention et dépistage dès le plus jeune âge
Bien évidemment, il existe d’autres fonctions (l’enseignement initial et continue, l’orientation dans les parcours …) qui ne sont pas assez pris en compte de cet exercice.
La non-reconnaissance de ces missions de la médecine générale pousse de nombreux jeunes médecins à s’orienter vers des niches de spécialités (Diplôme universitaire, soins non programmés, médecine parallèle…) pour échapper au dénigrement de la fonction.
Pourtant, dans les paroles et les faits, le médecin traitant, médecin de famille, reste la porte d’entrée privilégiée du système de soins, orientant les parcours de soins.

