Collectif pour une Médecine Libre et Indépendante


























Le cabinet d’un médecin (généraliste ou spécialiste) est une entreprise comme toutes les autres, avec des revenus et des charges.
En 2023, après la crise covid, l’inflation et l’explosion du cout de l’énergie et des matières premières d’une part, et d’autre part la stagnation de nos tarifs depuis plus de 8 ans, ces cabinets sont clairement en équilibre fragile, avec disparition progressive de l’offre de soins de proximité.
Pour autant, les ajustements tarifaires ne vont pas résoudre les problèmes des médecins ni l’accès aux soins. C’est tout le système de santé qui va mal, que cela soit à l’hôpital ou en ville.
Ce mouvement est né pour mettre en exergue ce malaise qui aura tôt ou tard un impact direct sur la qualité des soins pour les patients.
Une logique uniquement comptable basée sur la diminution de l’offre de soins, la transformation progressive du soin comme bien de consommation, la dévalorisation des soignants, en particulier des médecins, sont d’autant de facteurs parmi d’autres qui expliquent la catastrophe annoncée depuis plus 3 décennies.
Si ces dérives ne sont pas stoppées, il y a de forte chance d’une évolution vers la financiarisation de la santé, entre les mains des grands groupes financiers dont la logique néolibérale pousse vers le profit aux dépens de la qualité.
Nous sommes bien loin de la singularité française du modèle sociale initial, mis en place en 1945.
Conscients de ces enjeux, des collectifs sont nés partout en France pour défendre une vision humaine et digne de la médecine et de la Santé. Ils ne se contenteront plus d’un choix entre une médecine Étatisée à bout de souffle, et la porte ouverte à une médecine financiarisée.
Au-delà de ces rejets, ils proposent un projet complet pour une refonte de notre système social autour de 3 articles de notre code de déontologie, inscrit dans le code de santé public.
Le cabinet d’un médecin (généraliste ou spécialiste) est une entreprise comme toutes les autres, avec des revenus et des charges. En 2023, après la crise covid, l’inflation et l’explosion du cout de l’énergie, et la stagnation de nos tarifs depuis plus de 8 ans, ces cabinets sont clairement en équilibre fragile.
Pour autant, les ajustements tarifaires ne vont pas résoudre les problèmes des médecins ni l’accès aux soins. C’est tout le système de santé qui va mal, que cela soit à l’hôpital qu’en ville.
Ce mouvement est né pour mettre en exergue ce malaise qui aura tôt ou tard un impact direct sur la qualité des soins pour les patients.
Les collectifs ont été initialisés par des médecins de terrain. Essentiellement des généralistes. Peu à peu, le mouvement se propage vers nos confrères spécialités cliniques.
Ces mouvements spontanés sont indépendants des syndicats, des politiques, des associations, de l’Ordre et autres institutions représentatives de la profession. Nous sommes profondément respectueux de ces structures, en particulier l’Ordre avec qui nous partageons des articles de notre code de déontologie, fondateurs de nos valeurs.
L’ensemble des propositions des COMELI peut se résumer autour de 2 axes :
La défense de ces 2 valeurs nécessite une nouvelle vision de la santé pour revenir à l’esprit du CNR de 1945, respectueux des patients, et bien loin de la financiarisation de la santé
Certains d’entre nous avons tiré la sonnette d’alarme dès 2002, puis en 2010 et plus récemment en 2015.
Ce sont les politiques de santé depuis 30 ans qui amènent les médecins aujourd’hui à la colère et à l’exaspération. Il nous est ainsi inaudible que ceux qui ont généré et entretenu la pénurie de soignants viennent nous demander de faire plus, au détriment de la qualité.
En tout cas, nous aurons essayé.
C’est clairement un choix de société entre d’une part une médecine de qualité, indépendante, médicalement régulée, et d’autre part une médecine financiarisée, dérégulée, quantitatif et un bien de consommation comme un autre.
Clairement, ce n’est pas notre choix et nous défendrons ces valeurs, inscrites dans notre de déontologie et dans notre serment d’Hippocrate.
Si nous ne sommes pas entendus, il faudra envisager la disparition pure et simple d’une certaine idée de la santé, cette médecine de proximité, humaine. Dans cette hypothèse se sont nos patients qui auront le plus à perdre.
Nous sommes de professionnels de santé ancrés dans nos territoires, investis, connaissant mieux que quiconque les besoins de nos patients. Nous avons une expertise hors normes sur l’offre et la demande. Nous avons une agilité qui n’est plus à démontrer. Sans prétendre à avoir toutes les réponses, nous demandons juste d’être entendus et surtout être écoutés.
Nous sommes dans un système pyramidal où toutes les décisions se prennent au plus haut niveau de l’État, avec une déclinaison verticale vers le bas, sans aucune concertation. Nous proposons l’inverse, en partant du bas pour aller vers le haut.
Médecins pour Demain (MPD) est une association, une aventure incroyable dont beaucoup d’entre nous, sommes des adhérents.
Nous sommes totalement complémentaires avec MPD, comme avec nos syndicats professionnels. Nous nous proposons de décrypter les failles de notre système de santé, en partant du terrain, pour proposer un projet complet de refondation de ce système, restant attaché au système conventionnel et l’égal accès aux soins.
« La Santé n’a pas de prix, mais il a un cout ». Or, le cout n’est pas forcément une dépense. Il peut être un investissement pour l’avenir.
Tant que la logique de soins en France sera considérée uniquement de façon comptable, toute dépense sera étiquetée comme un cout, et le seul responsable sera le professionnel de santé.
Un système de santé digne de ce nom est un celui qui ne s’occupe pas seulement de gérer le soin (court termes), mais investi dans une logique de maintenir les citoyens en bonne santé (long terme).
Pour s’en convaincre, il suffit de regarder la dépense de la prévention sur l’ensemble des dépenses de la santé (0,034%)
Depuis 2002, nous prévenons nos dirigeants de la catastrophe annoncée. Ils ne nous ont pas écoutés.
Des propositions ont été pourtant faites depuis plus de 20 ans !
Mais nous n’attendrons plus. Nous soutiendrons les actions lancées par nos syndicats le 13 octobre 2023.
Une gestion catastrophique depuis plus de vingt ans
Les médecins dont le métier devient de plus en plus souvent complexe
Les soignants à leur juste valeur pour garantir la qualité des soins
Perdue aux soignants pour organiser l'offre des soins dans les territoires
Nécessaire de l'accès aux soins pour optimiser la prise en charge
Pragmatique et régulière des politiques de santé
Des décisions ont été menées depuis plusieurs décennies visant à transformer notre système de santé, le constat aujourd’hui est dramatique…
Car d'après eux, l'offre génère la demande et donc augmente le coût de la santé
Aux dépens du temps médical nécessaire et dédié aux patients
En dénigrant les soignants, les rendant seuls responsables de la situation actuelle