Le monde ambulatoire, dit encore libéral, est soumis à un modèle économique qui s’apparente à celui d’entreprise. Un cabinet médical, un cabinet de groupe ou en pôle de santé fonctionnent ainsi sur un équilibre fragile entre les revenus et des charges.
De ce fait, les revenus d’un médecin sont essentiellement sur la base d’une tarification à l’acte qui doit rester majoritaire. Conscient que la tarification à l’acte ne peut refléter tous les soins prodigués, il était logique d’intégrer d’autres modèles financiers comme les forfaits voir la capitation.
Ainsi, soucieux de garder son indépendance et sa liberté dans la prise en charge de ses patients, le médecin libéral reste à juste titre attaché à la tarification à l’acte, garant de la qualité des soins.
Les premiers forfaits apparaissent en 1998 pour mettre en valeur la fonction du « médecin référent ». Pour des raisons idéologiques, ce forfait disparait pour devenir le forfait « médecin traitant » définissant le médecin généraliste comme porte d’entrée principale du système de santé. S’en sont ensuivi des forfaits sur objectifs de santé publique, très controversée par l’Ordre, puis des forfaits structures, etc. Aujourd’hui les forfaits représente pour certains médecins jusqu’à 30% de leur revenu.
La capitation (versement au médecin d’une somme fixe par patient inscrit à son cabinet, indépendamment du volume de soins qu’il lui prodiguera) n’a pas vu le jour en France, et pour cause. Ce type de financement dans d’autres pays européen ne peut fonctionner que sur une confiance maintenue et entretenue entre l’assurance maladie et les professionnels de santé.
Or, la confiance a fait place à une méfiance, au sein d’une population de nature « latine » qui n’est pas encore mature pour ce type de fonctionnement.
La capitation convient en revanche parfaitement au système hospitalier pour lequel la tarification à l’acte a été une catastrophe organisationnelle majeure.

