Dans les années 2000, nous alertions déjà des effets néfastes de la réduction des effectifs en médecin. La gestion de la Permanence des soins devenait un réel problème, en particulier en zone rurale et semi-rurale.
Nous proposions alors la création des CRRA, centre de réception et de régulation des appels pour tenter de résoudre le problème provisoirement en attendant une adaptation du numérus clausus. Nous prévenions déjà à cette époque que le simple CRRA serait bien loin de régler le problème d’accès et qu’il est indispensable que toutes les portes d’entrée d’accès aux soins (Service d’Accueil des urgences, maison médicale de garde, etc) bénéficient aussi d’une régulation médicale d’accès.
Il n’a fallu que vingt ans à nos décideurs pour prolonger ce dispositif en mettant en place le SAS (Service d’Accès aux Soins). Mais, parce qu’il y a toujours un mais une idée simple de bon sens est passée entre les mains de nos chers technocrates parisiens pour devenir une usine à gaz en termes d’organisation, de modèle économique et fonctionnelle.
Sans compter que pendant le même temps, le président de la république souhaite garantir l’accès aux soins pour tous, partout sur le territoire, quitte à déréguler d’autres systèmes, comme les soins non programmés.
Il faut ici préciser que 90% des soins non programmés sont aujourd’hui assumés par les médecins traitants, et ce, malgré la démographie médicale désastreuse, source de déserts médicaux partout en France.

