La deuxième partie du 20° siècle a la spécificité d’être régie dans de nombreux pays (dont la France) par un néo-libéralisme sans limites, où l’économie de marché à infiltré tous les secteurs d’activité.
Dans cette lutte acharnée, sans foi ni loi, le « Tout, tout de suite » et « j’ai payé, j’ai le droit » sont les maitres mots. Les associations de consommateurs spécialisées dans la défense prennent une place de plus en plus importante. Car tout devient un bien de consommation.
La question suivante est donc de savoir s’il est pertinent que la santé devienne aussi un bien de consommation comme un autre, et si oui, avec quelles conséquences pour les professionnels de santé et surtout pour les patients ?
Notons dès à présent que cette société de la consommation basée sur le libre échange et la recherche de rendement est à l’origine même de l’explosion des pathologies chroniques. Cette culture anglo-saxonne a ainsi infiltré toutes les couches de nos sociétés dans lesquelles la malbouffe et la sédentarité sont les causes principales du déclenchement de cette explosion.
Il est ainsi étonnant de constater que les politiques de santé récentes soient uniquement basées sur le soin curatif, au détriment de la prévention. Qui plus est, le suivi de ces pathologies chroniques n’est pas valorisé, alors qu’elles sont complexes, chronophages et multiples.
La dévalorisation de la médecine générale et des spécialités cliniques, responsable de la diminution de l’offre de soins, expliquent que ces patients se retrouvent sans médecins traitants, hors parcours de soins et prises en charge dans le cadre d’urgences que l’on aurait dû éviter.
Pire, cette dévalorisation donne naissance à de nouveaux exercices, de soins non programmés en particulier, dont des médecins « dépannent » sans pouvoir résoudre le problème de fond. Au nom de « l’accès aux soins » le législateur dérégule le système pour faire semblant d’entendre la demande.

